Gibraltar

Gibraltar ! Après avoir passé le cap Trafalgar à l’entrée de la baie de Cadiz, Gibraltar et son célèbre détroit sonne comme une victoire.
Après tant de jours passés à naviguer en Atlantique, Gibraltar, enfin, est à un jet de pierres. Mais car il y a toujours un mais Gibraltar n’est pas une conquête facile car le détroit avec ses forts courants, ses vents violents et ses innombrables cargos est un endroit parfois difficile à négocier. La pointe de Tarifa, celle qui se trouve tout au sud de l’Espagne est d’ailleurs un spot réputé pour les véliplanchistes où il souffle des vents dépassant vingt cinq nœuds trois cent jours par an !
Comme nous gardons un souvenir mouvementé de notre passage du cap Saint Vincent nous décidons donc d’être prudents.
Le matin du 3 août nous quittons Barbate au moteur avec une météo favorable. A l’approche du détroit, une légère brise se met à souffler. Toujours prudents, nous décidons de ne pas hisser la grand voile et de naviguer uniquement sous génois, une première ! Et à midi alors que nous nous engageons dans le détroit…tout se passe merveilleusement bien, pas de grosses vagues, pas de rafales, pas de pannes pour nous faire péter « l’emmerdomètre », bref le rêve.
Et quel spectacle !


Le détroit est majestueux avec d’un côté les côtes espagnoles rôties par la touffeur du soleil et de l’autre les hauts sommets des montagnes marocaines enveloppées de brumes. Au milieu du détroit un cordon ininterrompu de géants des mers de quarante étages de haut, de dizaines de mètres de long, mus par des moteurs de plusieurs milliers de chevaux transportent aux antipodes toutes sortes de marchandises qui finiront dans un chantier au Chili, une cantine finnoise, un souk à Casablanca, un bar branché de Greenwich Village ou encore un garagiste au Vanuatu. Et nous, à bord du p’tit jaune de 1 mètre de haut et de 9 de long poussé seulement par le vent, entre deux continents, entre deux mers, nous nous sentons perdus au milieu de cette mondialisation qui nous dépasse et à mesure que nous avançons, nous sommes gagnés par une étrange émotion où la folie des hommes et l’intemporalité du monde, où l’infiniment petit et l’infiniment grand se sont donnés rendez-vous à un endroit précis ce jeudi 3 août 2017 à 12H20 par 36°00 75 de latitude nord et 5°39 24 de longitude ouest !
Ca y est, nous y sommes, nous l’avons fait, une page se tourne, une autre s’ouvre. Et pour fêter cela nous saluons le cap Tarifa en nous envoyant un p’tit jaune bien chaud car le groupe froid n’est toujours pas réparé ! Bool sheet !

Quelques heures plus tard le gros rocher de Gibraltar apparaît. Une légende raconte que le rocher disparaîtra le jour où il n’y aura plus de singes. Singe = King Kong, un petit frisson me parcourt l’échine mais car il y a toujours un mais le gros poilu n’est pas là. Ouf! Nous pouvons nous amarrer sereinement.

2 Replies to “Gibraltar”

  1. Chouette ! Depuis des jours, je me connecte sur le blog du jaune afin de me régaler de la prose de papa Hugues … en vain, jusqu’à ce soir. Je suis contente d’avoir de vos nouvelles. Ici, la météo nous annonce que l’été est fini … mais (car, il y a toujours …) il n’a jamais commencé l’été, cette année. La cheminée n’aura pas eu beaucoup de répit. J’espère que votre jolie aventure continue à dérouler ses pages riches d’images et d’émotions. Des ribambelles de bisous pleins de crachin breton

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    1. Et oui Omer et son capitaine ont profité du voyage au Maroc pour prendre quelques vacances.
      Entre le manque de connexion, les excursions en car dans le pays et surtout la compagnie des équipages des 2 autres bateaux avec qui nous avons partagé cette balade au Maroc, le temps nous a manqué.
      Mahé vient de repartir après une bonne semaine passée à bord, c’était formidable !
      Boud et Jean-Guilhem nous rejoignent quelques jours la semaine prochaine du côté de Malaga, puis ce sera Bibi qui va embarquer dès son retour d’Argentine vers le 25 septembre. Elle restera avec nous jusqu’à la sortie de l’eau d’Omer qui devrait se faire le 3 octobre à Almerimar.
      Nous passerons quelques jours à Paris avant de regagner Kerellot,
      J’ai bien hâte de te revoir.

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