Ponza

Des amis qui naviguent en Méditerranée nous avaient recommandé d’aller aux îles Pontines.

— Vous verrez c’est extra !

Cet archipel se trouve à environ trente cinq miles de la côte italienne entre Rome et Naples.

Nous décidons d’y aller.

Une petite étape au mouillage à Anzo au sud de Rome, un premier bain de mer pour Laura et le lendemain cap sur Ponza, la plus grande des îles Pontines. Le vent est favorable et nous avalons les trente cinq mile sur un seul bord.

Comme la météo annonce un renforcement du vent à l’Est durant la nuit nous décidons de mouiller dans une cala sur la côte ouest de l’île. Logique !

A côté de nous un vieil anglais solitaire à bord d’un vieux gréement contemple la magnifique vue de cette petite baie entourée de hauts rochers.

L’endroit est vraiment d’une beauté rare, l’eau est transparente et les derniers rayons du soleil enflamment le ciel d’un magnifique dégradé de rouge.

Avant d’aller se coucher, notre voisin anglais, prudent, remet quelques mètres de chaîne.

En pleine nuit nous sommes réveillés par le ragage de la chaîne qui tire sur l’ancre et par le martèlement de la pluie qui tombe avec le fracas d’un rideau métallique sur le cockpit. Dehors le ciel étoilé et la mer ont disparu, Omer est enveloppé dans un immense voile blanc. Notre voisin lui aussi a disparu.

En quelques heures la mer a changé de visage transformant un moment de pure exaltation en un début de tourment chargé d’appréhension.

Entre deux averses nous distinguons une forme proche de nous. Est-ce notre ancre qui a chassé ou celle de notre voisin ? Est-ce un autre bateau ? Dans cette purée de poix où nous sommes plongés, impossible de se repérer et comme souvent dans ces situations-là, toutes les pires histoires de navires drossés à la côte remontent en mémoire, comme un ressac…

Mais car il y a toujours un mais, contre toute attente notre tourment ne dura que quelques heures.

Au petit matin, nous constatons que notre voisin anglais est toujours là et que d’autres bateaux sont venus chercher refuge dans cette cala dont un grand voilier qui est en effet très près de nous.

A son bord tout le monde dort comme si de rien n’était.

Quelques heures plus tard nous voyons émerger du cockpit toute une petite famille, le papa, la maman et les deux enfants. Voyant que son bateau est très proche du nôtre, le papa nous fait un signe d’excuse de la main et en deux temps trois mouvements va mouiller à quelques encablures. En voilà un qui n’a vraiment pas l’air stressé !

Dans l’après-midi nous levons l’ancre, longeons la côte pleine d’anfractuosités et au détour de la pointe Della Maddonna, découvrons le village de Ponza et ses jolies maisons aux couleurs pastel. Nous mouillons dans la baie face au village et le soir allons dîner à terre.

L’ambiance colorée de ce petit port, ses boutiques branchées, ses terrasses bruyantes et ses restaurants accueillants nous font vite oublier la mauvaise nuit que nous venons de passer.

— Ponza, allez-y c’est extra !

En route vers Ponza
Cala Faraglioni
Cala Faraglioni

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