Attente, grosse chaleur et Souvlaki de poulet

Nous voici à nouveau à Corfou où Adrien, Muriel et Noah doivent nous rejoindre le lendemain pour passer une semaine à bord d’Omer.

Nous avons hâte de les voir arriver mais car il y a toujours un mais non sans une petite appréhension.

Cinq à bord alors que l’espace est vraiment réduit et n’offre aucun confort : un seul petit lavabo dans le coin cuisine, une douche solaire de vingt litres, des couchettes étroites, des toilettes peu isolées, un carré mal aéré…; la liste des inconvénients sur Omer est longue et nous espérons que Muriel s’adaptera à la vie spartiate du bord et ne sera pas trop incommodée par la promiscuité des lieux. Elle n’a en effet jamais navigué et cette semaine de croisière est une première pour elle.

Nous avons prévu d’installer Noah dans la couchette navigateur quasi inaccessible pour un adulte tant il faut se contorsionner pour arriver à s’allonger. Nous espérons qu’avec sa petite taille il arrivera à se faufiler et surtout qu’il n’aura pas peur tout seul, dos au carré dans un espace très confiné semblable à un sarcophage. Quant à Adrien et Muriel ils devront se contenter de la couchette avant (le terrier) où l’on entre à quatre pattes et idem en marche arrière pour sortir. Inutile de préciser qu’il faut avoir une vessie de jeune homme pour ne pas gêner l’autre en cas d’envie pressante durant la nuit…

Il est onze heures. Nous guettons sous un soleil de plomb l’arrivée de leur taxi.

A côté de nous des ouvriers travaillent depuis cinq heures du matin à la réalisation d’une promenade qui doit faire le tour de la marina.

J’ai une pensée émue pour ces gars qui font un travail de forçat et plus particulièrement pour l’un d’entre eux, un homme très ridé d’une cinquantaine d’années qui porte un pantalon trop large attaché par une ficelle au dessus du nombril et un drôle de petit chapeau sur la tête. Avec ses yeux ronds et son nez en patate il ressemble au clown Zavata, même allure et même air jovial.

En dépit de la chaleur et des tonnes de pierres qu’il transporte dans sa brouette en d’incessants allers et venues, il semble toujours réjoui, faisant des œillades aux passantes, rigolant avec la barman du café à qui il achète sans compter des bouteilles de pepsi pour les offrir à ses collègues. Vraiment un chic type ce Zavata.

Dans une heure ils pourront enfin faire relâche jusqu’au lendemain.

Mais voici que le taxi transportant nos trois impétrants arrive.

Noah en descend en se précipitant dans nos bras et en criant TitiBabou !

Laurence et moi ne savons toujours pas s’il a réalisé que Titi et Babou étaient deux personnes distinctes tant il nous considère comme une seule entité, TitiBabou !

A peine a t’il mis un pied sur Omer qu’il retrouve l’affreux Poussinou.

« Dis Babou tu peux faire parler Poussinou ? »

Et c’est ainsi que nous reprenons le fil de nos dialogues exactement là où nous l’avions laissé il y a un an pour la plus grande joie de notre petit bonhomme qui ne se lasse jamais d’écouter les bêtises de l’incorrigible Poussinou qui au lieu de garder sagement Omer pendant l’hiver, fait les quatre cents coups dès que nous avons le dos tourné.

Pendant ce temps Adrien fait le tour du propriétaire à Muriel. Toutes les incommodités énoncées plus haut ne semblent pas la rebuter, bien au contraire ! Elle est ravie à l’idée de passer une semaine «à la dure» et c’est ainsi que nous découvrons une Muriel très roots et qui de surcroît s’intéresse à tout.

Le soir nous allons dîner chez Georges où le souvlaki de poulet servi avec des frites fera dire à Noah :

« Ah c’est vraiment le meilleur restaurant grec où j’ai jamais mangé…».

Ce qu’il oublie de dire c’est que c’est à aussi le premier…

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