Syvota

Cette semaine passée tous ensemble n’aura duré que le temps d’un claquement de doigt.

Il s’est en effet passé bien des choses en une semaine mais commençons par le commencement : la première sortie en mer de toute la famille sur Omer.

Onze personnes à bord c’était vraiment une première.

Nous avions déjà cru atteindre notre maximum en étant sept mais onze c’était du jamais vu.

Pour cette occasion nous sommes allés mouiller dans une petite crique bien abritée.

Lucien a réalisé son rêve en tenant la barre.

Assis bien droit, le regard attentif, le visage fendu d’un large sourire, le roi n’était pas son cousin.

“C’est moi le capitaine a t’il décrété…”

Noah en vieux marin expérimenté a fait visiter les moindres recoins du bateau à ses deux cousins et surtout leur a présenté le célèbre Poussinou qui leur a raconté toutes les bêtises qu’il fait à bord en l’absence de TitiBabou… Il est très vite devenu pour reprendre leur mot :

“Leur meilleur pote”…

Cléo a beaucoup plongé et replongé depuis la petite plate forme arrière, idéale pour se jeter à l’eau.

Antoine s’est aperçu avec plaisir qu’il n’avait pas le mal de mer, quant aux parents et grands parents ils ont simplement profité du moment, réalisant que cette première journée passée à bord tous ensemble était l’aboutissement d’un rêve ancien et peut-être le point de départ de nouvelles aventures.

Qui sait, une petite graine de marin a peut-être été semée dans l’esprit de nos mousses qui ont vraiment adoré cette cabane flottante, à leur échelle, où l’on peut faire la sieste en étant bercé par les vagues, mangé des chips à volonté et plongé autant que l’on veut dans une eau transparente et chaude.

La semaine a donc très bien commencé mais car il y a toujours un mais, dès le deuxième jour les choses se sont corsées.

Noah est tombé malade, a été voir le médecin qui lui a diagnostiqué une angine, quant à Cléo elle s’est choppée une otite carabinée l’empêchant de mettre la tête dans l’eau, elle qui adore plonger.

Le chemin du dispensaire n’a plus eu aucun secret pour nous pas plus que les émoluments du médecin qui en cette période de haute saison lui ont sûrement permis d’acquérir en une semaine un 400m2 sur la cinquième avenue…

De mémoire il n’y a jamais eu de vacances familiales sans visite au dispensaire. Chez nous c’est une sorte de rituel, un sport national.

Petit, Adrien s’est fendu le crâne en tombant d’un lit superposé de trois étages sur un sol en béton, ça a fait un grand boom qui a résonné dans toute la maison et le résultat n’était pas très beau à voir; l’année suivante sa cousine est passée à travers une baie vitrée en jouant au ballon, malheureusement la baie était fermée et là non plus ça n’était pas très beau à voir… Il y eut aussi les coupures aux pieds, les brûlures, les épines d’oursin qui finissent par s’infecter etc.

Heureusement tout cela est du passé et ne se reproduira plus…

Noah s’est vite remis sur pied et Cléo a fait contre mauvaise fortune bon coeur en évitant soigneusement de se mettre la tête sous l’eau.

Cléo c’est une vraie petite mère courage, elle n’a peur de rien et en remontre souvent aux deux garçons lorsqu’il s’agit d’entreprendre de nouvelles choses comme monter à cheval, faire de l’Accrobranches, plonger dans l’eau ou dormir dans le noir.

“J’ai peur” ne fait pas partie de son vocabulaire ce qui n’est pas toujours le cas pour son frère et son cousin…

La pauvre n’a pas pu mettre la tête sous l’eau de tout son séjour alors qu’elle est la seule des trois enfants a osé sauter depuis la petite margelle d’Omer. Son héroïsme a été largement récompensé par des visites au glacier local où elle a pu déguster des glaces bleu électrique, rose acidulé ou jaune fluo qu’elle a beaucoup appréciées…

Elle n’a peur de rien Cléo, même pas de se faire empoisonner…

Notre séjour a également été marqué par la visite de ma sœur et de sa tribu, onze personnes également, qui sont venues de Corfou où elle avait loué un Airbnb.

Après avoir déjeuné à la maison nous sommes tous allés nous baigner sur une plage accessible à pied par une sorte de lagune formant un passage naturel vers la plage.

De l’eau jusqu’à mi-cuisse, toute la tribu, vingt deux personnes, s’est engagée sur ce haut-fond qui à pied, qui à la nage, qui sur les épaules des parents ou encore à bord de notre petite licorne en plastique que nous avions emmenée pour l’occasion.

Les enfants étaient ravis de vivre cette petite aventure en ayant l’impression de progresser comme des Indiana Jones à la recherche d’un trésor ou d’un animal en voie de disparition.

En guise d’animal disparu, nous fumes accueillis par un bouc très revêche qui considérait la plage comme étant son royaume et chargeait à tout va les nouveaux venus, toutes cornes dehors.

“Attention voilà le bouc !” criaient les enfants en s’enfuyant à toutes jambes.

Seule Cléo n’eut pas l’air très impressionné et tint tête au bouc qui finit par renoncer à son territoire et repartit la queue basse vers son harem de brebis qui ne daignèrent même pas lui jeter un coup d’œil !

Pour notre dernière soirée et mon anniversaire (soixante dix ans quand même !), les enfants nous ont invités dans un joli restaurant où les tables étaient installées dans un jardin ombragé et calme, loin du tumulte des quais.

Souvlaki et frites pour les enfants, poissons et calamars grillés pour les adultes et pour l’impétrant une petite photo représentant un kayak, cadeau de mes soixante dix ans et une magnifique carte d’anniversaire improvisée par Noah sur le menu du restaurant.

Puis le lendemain Laurence et moi avons vu repartir tout notre petit monde comme il était venu, en ordre dispersé.

Adrien, Murielle et Noah sont partis rejoindre la famille de Murielle dans un camping à Pornic, Dimitri Mahé et les enfants sont rentrés à Paris reprendre le boulot et Laura et Antoine ont poursuivi leurs vacances par un trekking en Slovénie.

Après avoir fermé la maison, Laurence et moi avons rejoint Omer qui nous a semblé bien triste et bien calme sans les rires de notre tribu préférée.

Alors pour nous remonter le moral nous sommes retournés dans le joli restaurant de la veille où le patron qui est sûrement un type très perspicace nous a offert, sans que nous ne lui ayons rien demandé, deux verres de Ouzo bien remplis.

La bande de cousins cousines
Lucien, le capitaine d’Omer
Toute la tribu à bord

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