Poussinou

Cet article aurait pu commencer par :

Aujourd’hui nous devions aller chercher Adrien et Noah à l’aéroport de Catane mais car il y a toujours un mais l’Etna ayant décidé de se réveiller, tous les vols pour Catane ont été annulés.

En réalité il y a bien eu une éruption de l’Etna immobilisant le trafic aérien mais elle a eu lieu hier et par chance Adrien et Noah arrivent aujourd’hui.

Débarrassés de ce mais car il y a toujours un mais nous voici donc sur la route menant à Catane. Pour l’occasion nous avons loué une petite voiture et décidons d’aller visiter la ville avant de nous rendre à l’aéroport.

La surprise est énorme. Catane est couverte de cendre. Les rues, les trottoirs, les toits des maisons, les murs, tout est recouvert d’une pellicule noire comme si la ville portait le deuil. L’air lui-même est encore chargé d’un voile de poussière qui empêche la lumière de se frayer un chemin et donne l’impression de voir la ville comme à travers la mantille d’une veuve.

Et pourtant la vie est bien présente.

Comme à l’accoutumée à cette heure du jour où la fraîcheur envahit à nouveau les rues, les habitants par centaines sont sortis de chez eux et déambulent tranquillement. Sur les places publiques, les enfants jouent avec l’eau des fontaines et les terrasses des cafés sont constellées de verres remplis d’un nectar orange dont les Italiens raffolent, le Spritz.

Personne ne semble se soucier de la présence de l’inquiétant voisin qui domine la ville de toute sa hauteur et continue à crachoter quelques volutes de fumée.

Nous avons bu un jus de citron et un café glacé à la terrasse d’un bistrot rococo et renommé. Les deux boissons étaient dégueulasses, très chères et le service d’une lenteur exaspérante malgré la cohorte de serveurs en tabliers gris et chemises blanches qui attendaient le passant un plateau à la main. Mais c’est les vacances, il suffit juste de s’en rappeler et de fermer les yeux sur les tracasseries et autres contrariétés qui jalonnent tout voyage.

Nous voici maintenant à l’aéroport attendant impatiemment l’arrivée d’Adrien et Noah. A l’heure dite, des flots de passagers jaillissent des deux grands portes de sortie. A chaque fois nous espérons voir apparaître nos deux compères mais l’avion a un peu de retard et il nous faut encore attendre.

Enfin ils apparaissent. Lorsqu’il nous reconnaît Noah se précipite dans nos bras. Il a l’air un peu interloqué de nous revoir mais après le sandwich de bisous que nous lui faisons, Titi et moi, il recouvre ses esprits.

Après deux heures de route nous arrivons à marina Ragusa. A peine arrivé à bord d’Omer, Noah cherche Poussinou, un jouet en peluche très moche avec d’affreuses pattes en plastique qu’une amie lui a donné l’an dernier et qui est devenu l’interlocuteur privilégié des enfants lorsqu’ils nous appellent en Whats app. La coqueluche du bateau.

Poussinou est un un petit poussin très coquin qui adore se cacher sous un chapeau de paille lui servant de nid. Il aime parler aux enfants, leur faire des blagues et leur montrer les petits poissons qui sautent pour attraper les miettes de pain que nous leur jetons discrètement. Mais Poussinou se plaint souvent d’être abandonné pendant les longs mois d’hiver. Alors quand Noah arrive il est tout content, surgit de sous son chapeau, lui saute dans les bras et lui fait plein de bisous avec son bec très piquant.

Noah n’aime pas trop les bisous de Poussinou mais il adore que Poussinou lui dise qu’il est son meilleur pote et qu’il l’attendait impatiemment parce que Titi et Babou sont quand même un peu vieux pour être ses copains…

— Babou tu fais parler Poussinou…

— Tu sais quoi mon pote demain on va faire une super farce à TitiBabou. On va leur faire croire que tu as oublié ton maillot de bain à Lugdunum et que ton père est parti le chercher, ok ?

— Babou tu peux encore faire parler Poussinou…

— Je crois qu’il est temps d’aller te coucher Noah

—Oui mais demain tu pourras faire parler Poussinou…

Et le lendemain matin la conversation reprend là où nous l’avions laissé la veille et se poursuit de jour en jour, plusieurs fois par jour, plusieurs plusieurs fois par jour…

Noah, Poussinou et Babou
Petit déjeuner à bord d’Omer

Laisser un commentaire